CGT FONCTION PUBLIQUE
(UGFF Santé PTT Services Publics)
Rencontre du 16 mai 2002 avec le Ministre de la Fonction Publique
Déclaration liminaire de Bernard LHUBERT
au nom des organisations CGT de la Fonction Publique
Monsieur le Ministre,
Les premières rencontres que vous organisez avec les syndicats de la Fonction Publique nous conduisent à souligner tout dabord que nous espérons que lordre dans lequel vous recevez celles-ci résulte dun " hasard de calendrier " et non dautres contingences.
Dans le cas contraire, nous tenons à vous rappeler en effet que la CGT est nettement lorganisation la plus représentative dans la Fonction Publique et que vous devrez donc compter avec elle. Tous ceux qui ont tenté de se masquer cette réalité ont dû rapidement sy résoudre. Tant vaut que les choses soient dites dentrée ; Vous aurez dailleurs toujours avec la CGT le langage de la franchise, de la transparence et du lien permanent entre ce quelle dit et ce quelle fait.
Notre propos à loccasion de cette première rencontre ciblera bien entendu les questions propres à la Fonction Publique, mais nous ne pouvons les détacher du contexte général.
Et nous pointerons à ce sujet deux questions :
Chacun sest accordé à considérer le premier tour des élections présidentielles comme constituant un " séisme politique ".
Sans faire ici une analyse fouillée des causes de la situation et pour nous en tenir à notre rôle dorganisation syndicale nous tenons à dire combien il faut y intégrer le déficit de réponses aux aspirations sociales fortes, ainsi que de réponses aux besoins de services publics de proximité, efficaces, jouant pleinement leur rôle en matière de réponses, sur tout le territoire, aux besoins individuels et collectifs, aux nécessités de cohésion sociale, de progrès social, daménagement du territoire et de développement durable.
Par ailleurs, le mouvement social, et la CGT tout particulièrement, a participé à la large mobilisation pour le combat contre lextrême droite, et la défaite de celle-ci est aussi le fruit de notre combat.
Toujours pour ce qui concerne le contexte général dans lequel nous nous situons et sans développer nous relevons également les orientations qui sont tracées en matière de finances publiques.
Lannonce dune baisse de limpôt sur le revenu, des prélèvements et, au-delà du système particulièrement injuste socialement que vous avez arrêté (la moitié des ménages ne paient pas limpôt sur le revenu en raison de ressources beaucoup trop faibles), au-delà de cela que nous contestons, cest bien la question des ressources publiques, des moyens publics, qui est posée.
Nous sommes pour notre part favorables à la justice fiscale, à une meilleure répartition en faveur des plus défavorisés (et vous ne leur apportez rien ; pire, en affaiblissant les moyens du service public, vous les pénaliserez) mais il faut dans le même temps se doter des moyens par une intervention publique efficace : ça nest pas le cas car nous navons ni lu, ni entendu, que vous aviez décidé de vous attaquer aux privilèges, aux profits, à la spéculation financière.
Ainsi, sauf à être contredit sur les orientations qui sont les vôtres, votre dispositif va, une nouvelle fois, peser sur la Fonction Publique, le service public et ses personnels.
Et quon nous permette quand même dobserver que la part globale de limpôt sur le revenu et les bénéfices en France (au-delà des questions de leur assiette) est, en contradiction avec le discours tenu, loin dêtre démesurée par rapport aux autres pays européens. Cette part 11 % du PIB (IR + impôt sur les bénéfices) se situe loin derrière le Danemark, la Suède, la Belgique, lItalie, le Luxembourg, le Royaume-Uni, lIrlande, voire derrière lAllemagne qui est à 11,2 %.
Discours pour discours, il faut parler vrai.
Jajouterai que nous avons noté votre positionnement sur la question des déficits et de léquilibre budgétaire, mais quen est-il au regard de la programmation pluriannuelle ?
Voilà pour ce qui est de quelques éléments relatifs au contexte.
Concernant quelques questions revendicatives parmi les plus importantes que nous souhaitons aborder à loccasion de cette première rencontre, et sur lesquelles nous souhaitons avoir, pour le moins, les orientations gouvernementales :
Les salaires et pensions
Il y a deux jours, lindice des prix du mois davril a été rendu public : +0,4 %.
Ainsi, depuis le début de lannée, les prix ont augmenté de près de 1,4 % et les salaires de seulement 0,5 % (+0,1 au titre de lannée précédente).
Mais ça nest pas tout. Il faut y ajouter lannée 2000 avec 0,5 % de revalorisation pour 1,6 % dinflation, les mesures unilatérales de 97 inférieures elles aussi à linflation, lannée 96 sans aucune revalorisation, et tous les effets cumulés de la désindexation
Au total, pour tout observateur objectif, le déclassement est considérable.
Et dailleurs toutes les données en témoignent. La valeur du point a perdu plus de 15 % de pouvoir dachat depuis la mise en uvre de la désindexation. Le minimum Fonction Publique fait le yo-yo autour du SMIC et il sera de nouveau en dessous de celui-ci au 1er juillet prochain si aucune mesure nest prise. La grille sest tassée et lamplitude des carrières sest réduite, avec notamment des mesures de rafistolage qui nont constitué que laccompagnement du déclassement général.
Cette situation nest plus tenable. Ni pour les personnels, ni pour le devenir de la Fonction Publique.
Pour les personnels parce que cest leur pouvoir dachat, leurs conditions de vie, leur quotidien qui est concerné.
Pour la Fonction Publique aussi, alors que la question de son attractivité est fortement posée face au défi considérable du renouvellement de générations.
Je ne souhaite pas allonger sur ce point mais simplement, pour illustrer, je voudrais citer cette étude de lINSEE (juillet 2001) qui montre que, par exemple, pour les hommes avec diplôme égal ou supérieur au bac, les salaires dans la Fonction Publique sont inférieurs de 19 % à ceux du privé (qui ne sont pas pour autant trop élevés) à Paris et de 8 % en province.
La question salariale, et celles liées à la grille, sont posées avec extrêmement de force.
Concernant la grille et au-delà des mesures ponctuelles, détachées de toute vision cohérente, comme celles concernant lencadrement supérieur (et les dispositions qui viennent dêtre arrêtées pour lencadrement supérieur dans la Fonction Publique de lÉtat, qui vont jusquà 180 points de NBI avec effet rétroactif sur quasiment 18 mois sont perçues comme une injustice forte par tous les autres personnels) au-delà donc de tout ce qui ne constitue que du coup par coup sans projet cohérent, la question de la refonte de la grille est posée de manière incontournable.
Il faut en conséquence sattaquer sans tarder à une telle refonte de la grille.
Nous avons pour notre part quelques axes forts :
Relèvement du minimum de rémunération avec, dans le même temps, celui des pensions et des minima sociaux.
Revoir les catégories en intégrant les niveaux de qualification actuellement pas ou mal reconnus (bac +2, bac +5 et plus ) et procéder au reclassement des corps ou cadre demplois sous classés (par exemple les infirmières et bien dautres).
Réexaminer lamplitude de la grille indiciaire et des carrières, avec à lintérieur de celles-ci, lamélioration de leur déroulement.
Procéder dans ce cadre à lintégration progressive des diverses primes, avec dans un premier temps leur intégration à hauteur de 8 % du traitement, et, dans la foulée, des mesures régulières dharmonisation et dintégration du régime de rémunération annexe.
En résumé, sur ce point notre demande est claire :
Une mesure de sauvegarde immédiate sur les salaires et louverture de négociations.
Lengagement de la refonte de la grille à partir dune vision cohérente répondant au réel et aux besoins de la Fonction Publique comme des personnels.
Lemploi
Lemploi public est une des questions centrales de la période. Elle lest à plusieurs titres : le volume, le contenu et la nature de lemploi public.
Elle pose la question des moyens alloués à la Fonction Publique, question qui nous renvoit à celle des finances publiques. Nous avons déjà pointé à ce sujet le poids de limpôt sur le revenu et les bénéfices dans les différents pays européens.
Jajouterai ici que les prélèvements obligatoires (total des impôts + total des cotisations sociales) sont en baisse constante. Le total passe de 44,8 % en 1996 à 44,5 % aujourdhui, avec des baisses nettes pour lÉtat (de 17,2 % à 16,6 %) et pour les administrations locales (de 5,7 % à 4,8 %) références notes bleues de Bercy.
Rappelons également que les dépenses induites pour la Fonction Publique de lÉtat par rapport au PIB sont, elles, passées en moins de 20 ans de 10,9 % à un peu plus de 8 %.
Il y a des choix à faire, des choix sur ce qui doit contribuer à lalimentation des finances publiques, sur qui et sur quoi doivent porter fiscalité et prélèvements ; des choix qui conditionnent les moyens de laction publique et qui touchent à des choix de société.
De quels moyens veut-on se doter ? Pour quel service public ?
La question du volume de lemploi est posée.
Elle est posée pour faire face aux missions, pour assurer des missions qui sont aujourdhui pas ou mal assurées.
Elle est posée pour compenser la réduction du temps de travail. Je rappelle quil ny a eu aucune compensation à lÉtat, que celle-ci est très souvent largement insuffisante dans les collectivités locales, et que la situation aboutit à un blocage complet et inacceptable dans la Fonction Publique hospitalière.
Je profite de cette référence à la RTT pour souligner la nécessité de renégocier son application avec la donne nouvelle de lemploi : acquis sociaux, organisation du travail, transparence, équité sur nombre de questions (heures supplémentaires, amplitudes, astreintes, etc.) tout cela est à remettre à plat. Il y va tant des conditions de vie et de travail des personnels que de la présence et de lefficacité du service public.
Dans le domaine de lemploi, nous posons aussi la question du renouvellement de générations qui nécessite anticipation, gestion prévisionnelle, des dispositions permettant dassurer le transfert du savoir, la formation, la prise en compte dans les recrutements des niveaux de qualifications nécessaires pour intégrer les évolutions et les besoins daujourdhui. Ajoutons encore que prévoir, cest aussi en terme daction sociale, tenir compte des besoins très importants qui vont se faire jour tant en raison des jeunes recrutés que des retraités plus nombreux.
Sur le contenu de lemploi, nous rappelons notre attachement au statut général, au principe de la carrière, au recrutement par concours, à la grille unique, au maintien de corps et cadres demplois nationaux ainsi quà leur comparabilité à qualification égale.
Aujourdhui nombre de dispositions dérogent et portent atteintes à ces dispositions statutaires. Nous les combattons et nous entendons avoir un débat au fond sur lensemble de cette situation.
Le contenu de lemploi, cest aussi limportante dimension de la formation. Formation initiale, formation dadaptation qui doit permettre à la fois de lier qualification et compétence et douvrir les possibilités de mobilité choisie, source denrichissement tant individuelle que collective, ainsi que la formation tout au long de la carrière.
Aujourdhui nous sommes sur ces questions à un niveau si bas quil frise le ridicule. Ce sont là des économies budgétaires qui coûtent très cher !
Concernant la nature de lemploi, il est urgent de lutter vraiment contre la précarité sous toutes ses formes, de sattaquer à toutes les formes demplois dérogatoires au statut général, quil sagisse dagents recrutés sur droit public, voire sur droit privé.
Nous revendiquons un moratoire immédiat afin quaucun de ces agents ne soit renvoyé vers lANPE, vers le chômage, et louverture de négociations, avec un vrai bilan, et des dispositions permettant ouvrir lemploi statutaire à tous, y compris aux personnels non titulaires de La Poste, et de mettre fin à la noria des non titulaires (dispositions qui nécessitent aussi des modifications statutaires).
Comment admettre que les personnels dagences ou dinstituts naient aujourdhui rien qui gère leurs modalités de recrutement, leurs carrières, leurs droits, etc., alors que ces établissements exercent des missions de service public extrêmement sensibles (ex. agence de veille sanitaire et bien dautres
).
Quel sort réserve-t-on aux emplois-jeunes (mais je pourrais parler aussi des CES, etc.) dont le contrat de 5 ans arrive à expiration ?
Nous exigeons là aussi un moratoire : personne ne doit être renvoyé vers lANPE.
Et nous voulons des négociations sectorielles permettant de tracer le périmètre des personnels qui, si ce nest dans leur affectation mais en tout cas dans leur mission, relèvent de la Fonction Publique. En clair, doit être aussi examinée la situation de certaines associations.
Nous demandons également la transformation des crédits supports en emplois budgétaires et statutaires.
Enfin, doivent être négociées les modalités daccès à la Fonction Publique des personnels qui le souhaitent.
Pour ceux qui ne relèveraient pas du champ de la Fonction Publique, comme pour ceux qui ne souhaiteraient pas accéder à la Fonction Publique, lemployeur public doit assurer et financer la formation pour le projet professionnel des agents concernés.
La protection sociale et les retraites
La tentation dun alignement vers le bas du régime de protection sociale nous semble forte. Or, celle-ci est pour nous partie intégrante du statut général, elle est liée à la situation même du fonctionnaire. Nous naccepterons pas quil soit porté atteinte au régime particulier maladie par exemple.
Concernant plus particulièrement les retraites qui est une des préoccupations majeures des personnels dans la période je souhaite rappeler notre engagement solidaire public/privé sur cette question aussi.
Tout dabord sur le relèvement des minima (jen ai déjà parlé), sur le niveau des pensions de manière générale, et labrogation des mesures de 1993, mais aussi sur le maintien et le développement du système de répartition, système de solidarité inter-générationnelle, sur le refus des fonds de pensions ou de systèmes dits complémentaires de 2ème ou 3ème niveau auto-financés qui seraient mis en place pour " compenser " les reculs des dispositions collectives et qui, en fin de compte, reviennent à pénaliser les plus défavorisés, sur la prise en compte de périodes dites " non contributives " (études, chômage
).
Cest faire preuve de solidarité également que de défendre sans concession les 37,5 annuités. Le discours qui consiste à présenter lallongement à 40 ans comme étant une mesure dégalité nest pas recevable. Dabord, ça nest pas nous qui avons imposé les mesures de 1993. Ensuite, chacun sait bien que lobjectif visé, cest de faire sauter ce verrou des 37,5 ans pour aller vers un nouvel allongement à 42 ou 43 ans. Certains le disent dores et déjà.
Et bien, pour nous, cest " non " et nous ferons tout pour nous y opposer.
Lallongement de la durée de vie est une réalité qui ne date pas daujourdhui. Nous avons su faire face et dégager des réponses qui sinscrivent dans le progrès social. Nous ne laisserons pas écrire lhistoire à reculons.
Notons également quau travers de lallongement à 40 ans, et compte tenu de lâge moyen dentrée dans la Fonction Publique, cest en fait la baisse du niveau des pensions qui serait la réalité.
Notons encore que, par exemple, lallongement à 40 annuités dans la Fonction Publique de lÉtat serait, selon le COR, le maintien en activité de 240.000 agents. Quelles conséquences sur lemploi des jeunes ? Quelles conséquences sur la Fonction Publique, lapport de sang neuf, de qualifications nouvelles ?
Pour la CGT, cest clair, cest le maintien des dispositions actuelles du code des pensions avec notamment :
la retraite à 60 ans (et lexamen de toutes les situations qui justifient, par la nature du travail, un âge de départ avancé),
les 37,5 annuités et un taux de 75 %,
le maintien et lamélioration de la parité actifs-retraités.
Bien entendu cette question des retraites est intimement liée à celle de la grille et des rémunérations et je rappelle notre revendication dintégration des primes dans le cadre de la refonte de la grille, celles-ci devenant de ce fait incluses dans la base de calcul, comme dans lassiette des cotisations.
Nous sommes conscients du fait quil y a une situation qui pose la question du financement.
Nous avons, avec toute la CGT, formulé des propositions. Elles passent par lemploi, par les modalités de financement (nature, assiette des prélèvements sociaux, etc.).
Oui, il y a bien un choix à faire sur la part des richesses créées qui doit être consacrée aux retraites. Que faut-il faire reculer ? la part des profits, les fruits de la spéculation ou la situation sociale des salariés et des retraités ?
Nous avons fait notre choix : il est déterminé.
Une question complémentaire : les représentants de la France ont adopté à Barcelone, sans dailleurs le moindre débat préalable, une mesure visant à lallongement de 5 ans de la durée dactivité : quel avenir réservez-vous au congé de fin dactivité ?
Les femmes dans la Fonction Publique
La parité est loin dêtre une réalité dans la Fonction Publique. Derrière légalité formelle quaffirment des textes, les inégalités sont très fortes. Il faut en analyser les causes pour sy attaquer résolument.
La CGT a proposé un groupe de travail permanent sur cette question auprès des conseils supérieurs, afin danalyser, de suivre la situation, de faire des propositions, dy consacrer le temps nécessaire en conseil supérieur.
Le dernier rapport sur cette question (qui dailleurs ne concerne quasi exclusivement que lÉtat, pourquoi ?) met en évidence certaines inégalités fortes.
Le faible taux de femmes dans lencadrement supérieur, les taux de réussites aux concours inférieurs pour les femmes, le niveau même de la rémunération
Sur ce point, il apparaît quen raison des rémunérations accessoires, la rémunération globale des femmes travaillant à temps complet est pour toutes les catégories inférieure à celle des hommes. Au total, la différence est de 10 points sur ces rémunérations accessoires (24 % pour les hommes ; 13 % pour les femmes). Et ce ne sont là que des exemples.
Il faut agir sur la précarité (massivement des femmes), sur une formation de proximité, sur le temps de travail, sur les modalités de recrutement (quel rôle des jurys doraux ?), mais également pour labsence de pénalisations dues à lexercice de droits sociaux, le niveau des prestations, les équipements sociaux, les actions et la médecine de prévention, etc.
Il y a un champ énorme qui na pas été exploré et dont on mesure aujourdhui les conséquences.
Le dialogue social
Le dialogue social est largement mis en avant par le gouvernement. Pour quil soit vrai, fructueux, cela nécessite certaines conditions.
Comme vous le savez, le dialogue social sest en fait vidé de tout sens au fil des ans. Cest tout dabord parce que pour dialoguer il faut quil y ait un sens, à savoir que lon vise bien le progrès social, ce qui pose la question des contenus, des espaces et des moyens. Et nest-ce pas là quapparaît la contradiction fondamentale entre aspirations des personnels, besoins des usagers et des populations et politique de compression des moyens de la Fonction Publique ?
Pour revivifier le dialogue social, il y a aussi des points de passage obligés.
Tout dabord et je ne my attarde pas, nous en avons parlé, le lien avec les usagers, les populations.
Ensuite des droits nouveaux pour les personnels, leurs représentants :
Droits et moyens pour lactivité syndicale,
Garantie des libertés syndicales,
Revoir le champ de compétence, le mode de fonctionnement et assurer la prise en compte de ce qui sexprime dans les organismes consultatifs.
Ne pas cantonner ceux-ci à lexamen de lapplication de décisions de sommet, mais les mettre au contraire en position dêtre propositionnels.
Revoir le champ des négociations, élargir aux organisations syndicales linitiative de celles-ci et leur donner tous les moyens permettant de négocier.
Valider un accord avec des approbations syndicales représentant une majorité de personnels (ce qui pose aussi la question de la représentativité et de sa mesure).
En finir avec les " commissions de suivi " excluant les non-signataires, ce qui revient à nier le rôle de celles-ci dans les négociations, à donner une prime à la signature, voire à choisir ses interlocuteurs pour des débats ultérieurs.
Nous ne rappelons là que quelques grands axes de ce qui a fait lobjet de propositions complètes de la part de la CGT lors de lélaboration du " rapport Fournier " sur le sujet. Nous avons par ailleurs porté appréciation sur le livre blanc qui en est résulté, et sommes disponibles et demandeurs pour aujourdhui travailler au concret sur lensemble du champ concernant le dialogue social.
Rapidement quelques autres points
Vous avez été saisi, Monsieur le Ministre, dune demande daudience de la CGT, pour le 28 juin prochain, sur la situation des personnels originaires de lOutre-mer, notamment sur les questions relatives à lindemnité déloignement et au congé bonifié.
Nous vous demandons dy réserver une suite favorable.
Par ailleurs la loi organique relative aux lois de finances va se mettre en place pour une pleine application en 2006.
Celle-ci aura des conséquences très importantes sur le mode de fonctionnement des services de lÉtat, sur les conditions daccomplissement des missions, sur les moyens, la gestion des personnels, lorganisation des services, etc.
Des comités se constituent et vont travailler avec la Direction du Budget. Les organisations syndicales en sont totalement écartées. Nous demandons la mise en place dune structure permanente associant les organisations syndicales.
Pour ce qui est de laction sociale, une mission avait été engagée sur directive du précédent ministre.
Quel sera son devenir ? Comment aller enfin vers une définition réglementaire de laction sociale spécifique de lÉtat pour ses agents, avoir une assise transparente et pérenne des crédits ?
Rôle et place de la Fonction Publique
La Fonction Publique nexiste pas pour elle-même. Elle est au service de la Nation. Les revendications que nous défendons pour les personnels et sur les moyens des services ont aussi pour objectif de donner à la Fonction Publique tous les moyens de laction qui doit être la sienne avec les objectifs dégalité de traitement sur tout le territoire, de continuité, defficacité sociale et économique, comme pour laménagement harmonieux du territoire.
Justement parce quelle est au service de la Nation, il faut créer les conditions de lintervention des usagers en termes dexpression des besoins et dévaluation des politiques publiques. Il faut créer ou faire vivre à tous les niveaux, et particulièrement dans la proximité, des lieux dans lesquels doivent pouvoir sexprimer les usagers, les populations, et intégrer tous ces éléments dans les réponses apportées dans le cadre du territoire et dans la dimension solidaire.
La crise politique qui sest manifestée lors de lélection présidentielle plaide pour "plus et mieux" de Fonction Publique dans laction contre les inégalités sociales, culturelles, économiques et territoriales, pour un travail de reconstitution du lien social sur lensemble du territoire.
Pour ce faire, il faut bien entendu des moyens, nous en avons parlé. Il faut aussi démocratiser la Fonction Publique, en interne, comme dans son ouverture à la société. Il faut, par exemple, démocratiser la Fonction Publique de lÉtat et nous avons des propositions en la matière.
Si nous sommes contre une réforme de lÉtat pilotée sous le seul angle des contraintes financières, nous sommes par contre favorables à toutes les évolutions nécessaires pour dégager lefficacité maximum : le critère doit être celui de lefficacité sociale au regard des besoins qui sexpriment.
Dans une telle perspective, il convient de se dégager de tout dogmatisme, de toute construction den haut, de tous débats, décisions, qui écartent délibérément les acteurs sociaux.
Il faut du neuf vraiment du neuf !
Par la démocratie, par lintervention citoyenne.
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