Déclaration de la Confédération Générale du Travail et de lUGFF CGT
DÉCENTRALISATION
Le gouvernement, sous couvert de décentralisation, prétend transférer 150.000 fonctionnaires des administrations nationales vers les collectivités territoriales. Ce transfert concerne notamment les personnels ouvriers, médecins, assistants sociaux, conseillers psychologiques de lÉducation nationale, une forte proportion des personnels de lÉquipement, les personnels des monuments historiques, de linventaire du Ministère de la culture.Ces personnels réagissent fortement, par actions de grève, manifestations, adresses aux élus et aux populations, assemblées générales Dimportantes mobilisations se préparent dans lunité, tant pour défendre les missions de service public que les droits statutaires des agents. La Confédération CGT apporte son total soutien à ces actions, qui peuvent prendre la forme daction nationale unitaire.
Le développement du service public et de lemploi public statutaire est une nécessité. Quil sagisse de lÉducation nationale, de lÉquipement ou de la Culture, la réalité actuelle est marquée par une large insuffisance des moyens pour faire face aux besoins des usagers et des collectivités territoriales. Les transferts demploi projetés par le gouvernement auraient pour effet de transférer les pénuries et les carences vers les collectivités. Cela a pour conséquence laugmentation dune fiscalité locale aujourdhui très injuste, car frappant indistinctement les bas comme les hauts revenus.
Le recul des inégalités entre les territoires est un enjeu important. La politique gouvernementale de transferts aurait pour conséquence de pénaliser encore plus les collectivités les plus défavorisées, de creuser les inégalités et de mettre en concurrence les structures publiques, notamment en matière de formation, daccès à la culture, dinfrastructures routières.
Rapprocher les lieux de décision des citoyens appelle à renforcer et développer de puissants instruments de cohérence et de solidarité. Cest le rôle des structures publiques nationales qui assurent la maîtrise des techniques et savoir-faire, ainsi que la formation et le développement des compétences des personnels. Les transferts annoncés les détruiraient et placeraient les collectivités en état de dépendance technique, opérationnelle et financière vis à vis des groupes multinationaux qui deviendraient seuls aptes à détenir les compétences.
Ces actions sont justifiées du point de vue de la démocratie. Le gouvernement prétend que ces transferts favoriseront la proximité. Mais il refuse de répondre aux revendications des syndicats CGT de la Fonction publique visant à donner de véritables droits dintervention aux élus, aux citoyens et aux usagers en matière de définition des missions des services publics et de suivi de leur exécution.
De plus, aucune garantie statutaire nest donnée aux personnels quant au maintien de leurs droits. Pire, les dispositifs annoncés renforceraient les différences de traitement entre les agents de la fonction publique de lÉtat et ceux des collectivités territoriales.
Le gouvernement doit aussi changer de méthode. Les Assises pour les libertés locales nont pas été un moment de démocratie citoyenne. Le dialogue social est fictif : il ny a eu aucune négociation avec les syndicats de la Fonction publique. La CGT revendique un bilan et un débat public sur la décentralisation et la réforme de lÉtat. Leur construction démocratique est indispensable pour quelles constituent un progrès de la démocratie et contribuent au progrès social.
Montreuil, le 23 avril 2003