NOTE SUR LE TRAVAIL DANS UNE ATMOSPHÈRE CHAUDE



1) la chaleur peut entraîner des altérations, des atteintes de l'état de santé du au travail. La chaleur a comme conséquences physiologiques une accélération des rythmes cardiaques et respiratoires avec dilatation des vaisseaux sanguins pour assurer (...) l'homéostasie de l'organisme (l'équilibre de celui-ci au niveau température pour éviter un coup de chaleur). En effet, le noyau central de l'organisme doit rester dans les limites de la normale - 36-37° - et surtout ne pas atteindre ou dépasser 40° ce qui mettrait en jeu le pronostic vital. L'augmentation du débit sanguin permet l'évacuation de la chaleur au niveau de la peau en permettant la sudation et des poumons d'où nous renvoyons dans l'air extérieur de la chaleur. Celle-ci permet aussi de garder l'alimentation en sang des organes vitaux (cerveau, reins, foie).

2) Mais ce système de défense peut être dépassé lors des coups de chaleurs, des déshydratations. Tout facteur qui empêche la sudation (le degré d'humidité important qui empêche l'évacuation de la sueur, la température élevée comme actuellement, le manque de courant d'air, les travaux pénibles, nous pouvons citer les travailleurs de la DDE travaillant sur les routes avec du goudron, les pompiers, ainsi que beaucoup d'autres) et le repos met en jeu la santé. L'organisme souffre et se fatigue plus rapidement.

3) La chaleur et ces facteurs aggravant jouent sur un organisme qui est de plus en plus fatigué, qui s'affaiblit, d'autant plus qu'il existe des troubles du sommeil. Il est difficile de dormir dans une telle ambiance. Il peut aussi exister une somnolence, un manque d'attention, des troubles de la vigilance.

4) Cela a donc des conséquences pathologiques chez les individus à type de maladies, de désordres métaboliques (déshydratation), source d'accidents de travail.

Ainsi (... sur les lieux de travail ...), ces conditions climatiques posent des questions. C'est les conditions de travail et l'organisation du travail qu'il faut interroger. Il nous faut éviter l'apparition de ces atteintes à la santé par le travail et la chaleur. Il nous faut adapter le travail. Les salarié(e)s et leurs représentants dans les institutions représentatives du personnel - en particulier le CHSCT ou les DP dans les entreprises qui n'ont pas de CHSCT - ont à se mobiliser. Le médecin du travail, à la demande des salarié(e)s et des IRP, doivt leur donner les éléments et les moyens pour agir en amont ; il s'agit de prévention primaire des risques. Des réunions extraordinaires de CHSCT sont à envisager.

Donc en résumé, il nous faut nous attaquer à l'organisation et aux conditions de travail pour prévenir toute altération de la santé ou toute atteinte à l'état de santé des salarié(e)s du fait de leur travail dans les conditions climatiques actuelles.
Pour cela mettre en action les IRP, la médecine du travail et les salarié(e)s eux-mêmes.


Gilles SEITZ
Conseiller confédéral, animateur du collectif CGT et IGICT-CGT des médecins du travail, secteur " santé-travail ".